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Elève fouetté à la machette: “L’enfant est traumatisé” (Laurent Serge Etoundi Ngoa)

Le ministre de l’Education de base était de passage à Douala. Sa visite visait principalement à faire la lumière sur la situation de l’élève violenté à la machette par son enseignant dans une école à Bilonguè et dont la vidéo a choqué l’opinion publique. 

Propos recueillis par Blaise Djouokep

Quelle est la situation du directeur de l’école et de l’enseignant de l’enfant violenté. Et comment se porte cet enfant ?

L’école où il y a eu cet incident qui nous a emmené à Douala n’est pas clandestine. Nous n’avons pas l’habitude de voir ces images au Cameroun. C’est inimaginable que cela se soit passé. L’enfant va bien. Mais, hier nous avons constaté qu’il est encore traumatisé parce que quand on lui a dit de rester en classe, il a fondu en larme en signe de refus. Nous avons pris sur nous de le ramener.

Les psychologues vont faire leur travail afin que ses peurs, son traumatisme puissent passer et que l’enfant retrouve sa quiétude. Mais, sur le plan physique, il va bien. L’enseignant responsable de ce traumatisme et le directeur de l’école sont entre les mains de la justice. Les responsabilités seront établies. L’environnement physique de cette école pose problème. Ce n’est pas un cadre digne d’accueillir les élèves.

Vous venez de terminer une réunion dans les services du gouverneur avec vos collaborateurs de l’Education de base pour le Littoral. Au-delà de l’affaire de l’élève violenté par son enseignant que nous venons d’évoquer quelles sont les autres raisons qui justifient la présence du ministre de l’Education de base (Minedub) à Douala ?

La deuxième raison de notre présence est l’assainissement des écoles qui ne respectent aucune norme. Nous sommes enfin là pour régler le problème d’effectif des enseignants. La région du Littoral est considéré comme celle qui regorge un nombre important d’enseignants à tel point qu’on ne devrait pas parler d’un problème d’effectif dans cette région. Il est donc question de lancer une opération de redéploiement de ces enseignants qui sont dans les structures d’administration (inspections et délégations) et qui sont parfois en sureffectif dans certaines écoles alors que d’autres n’en n’ont pas suffisamment.

Nous nous sommes aussi mis d’accord que des mesures seront prises pour la plupart des structures jugées dangereuses pour les enfants sur le plan de leur construction et de leur situation. Le gouverneur prendra des mesures, étant entendu que certaines de ces structures ont déjà été fermées, mais rouvertes sur d’autres sites. Nous appelons les parents à ne plus y inscrire leurs enfants. Le mot d’ordre étant que toutes ces structures interdites, bannies qui d’une manière ou d’une autre ont trouvé le moyen de rouvrir, seront totalement fermées à la fin de l’année scolaire. Le gouverneur a les moyens nécessaires pour faire respecter ces mesures-là. Nous voulons que les enfants aillent à l’école dans un environnement sain.

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Des actes de violences, de consommation de drogues, des actes sexuels et autres déviances sont de plus en plus visibles dans les établissements scolaires. Une cellule d’accompagnement psychologique ne devrait-elle pas exister en permanence dans les établissements scolaires ?

Il y a une coordination entre les ministères éducatifs dans leurs ensemble, notamment le Minsanté, le Minjes, le Minas. Il y a une coordination à travers un groupe de travail gouvernemental placé sous la coordination du Pm qui s’occupe de ces problèmes. La Direction des activités post et péri scolaires nous représente dans cette mission. Deux réunions se tiennent par mois. Cela va aboutir à la création dans les écoles, des structures en charge des problèmes liés aux jeunes qui sont de plus en plus fréquent dans les établissement scolaires où on voit des enfants consommer de la drogue, se livrer à des pratiques sexuelles, fumer ou boire excessivement de l’alcool.
Nous menons une réflexion dessus. Ce problème n’est pas que scolaire. Les familles doivent s’y mettre. Un enfant qui fume à l’école fume aussi à la maison, en famille, entre amis. Le gouvernement est dessus.

Le phénomène d’établissements scolaires clandestins revient chaque année scolaire. Pourtant, ces écoles sont connues et scellées à la veille de chaque rentrée scolaire. Quel est le processus qui aboutit à l’autorisation de création d’une école privée ?

L’Etat n’a pas deux types de critères. Il y a une critériologie unique pour l’ouverture d’un établissement privé. L’Etat a un ingénieur pour la construction de ses infrastructures, et a pour le secteur privé de l’éducation, une démarche bien connue. Les dossiers sont conçus et déposés au Secrétariat à l’éducation de la région. Les documents officiels sur les titres de propriété sont exigés. Il y a des superficies pour bâtir une maternelle, une école primaire normale, une école primaire bilingue ou un complexe scolaire. Cette critériologie est globalement respectée pour pouvoir avoir l’autorisation de créer une école.

Le ministre est au bout du processus. Il ne devrait pas mettre en doute toutes les structures qui interviennent avant lui, notamment le Secrétariat à l’éducation (Seduc) de l’enseignement privé qui transmet à la délégation régionale de l’éducation de base les dossiers. Une descente est faite sur le terrain avec les services cadastraux. Et quand c’est bon, le dossier est transmis au Minedub, et commence par le directeur privé de l’enseignement de base qui regarde tous ces critères, constate que le processus de création est respecté. Quand toutes ces structures en amont disent que c’est bon, nous qui sommes placé en aval du processus donnons l’autorisation.

Le ministère des enseignements secondaire est secoué par une grève qui dure depuis deux semaines déjà. Qu’est-ce qui est fait à votre niveau afin que la situation ne s’enchaine pas chez les enseignants de l’éducation de base ?

Le gouvernement est bien structuré. Les problèmes posés par les enseignants ne sont pas toujours les mêmes pour tous les secteurs de l’enseignement. Et même s’ils sont les mêmes, l’impact ne l’est pas toujours. Nous avons près de 70 000 enseignants à l’éducation de base avec le personnel, nous atteignons 135 000 personnels de l’Education de base. Lorsque les enseignants sont recrutés, leurs dossiers ont un cheminement. Dès que vous êtes déclaré reçu au recrutement à la fonction publique, il y a un dossier que vous devez constituer et déposer quand la validation est obtenue au niveau de la fonction publique, ce dossier doit parallèlement être transmis au Ministère des finances pour votre prise en charge.

En ce qui concerne le Minedub, pour l’instant, en dehors de la main que nous pouvons tendre au Minfi afin d’avoir l’argent pour nos collaborateurs qui sont sans salaire, nous n’avons absolument rien à nous reprocher. Nous connaissons ceux qui sont en train d’être intégrés et qui n’ont pas encore leur salaire. S’ils suivent bien leurs dossiers, ils sauront pourquoi ils n’ont pas de salaire.
A tous les grévistes, je demande d’être patients. Le Pm a pris le dossier en main. Nous travaillons dessus. C’est pas parce qu’au Minedub c’est calme que çà ne sera pas chaud demain. Nous avons le devoir de solidarité et de recherche des solutions ensemble.

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