Santé : la gestion des infections maternelles et néonatales en débat à Yaoundé

Pendant deux jours, des professionnels de la santé ont discuté́ des moyens de réduire la transmission de certaines maladies, telles que le VIH, la syphilis et l’hépatite B, de la mère au nouveau-né́ pendant la grossesse et à l’accouchement.
Du 20 au 21 février 2025, Yaoundé a accueilli les 6e Journées scienciologiques de la Société camerounaise de médecine péridurale (SCMP). L’événement a rassemblé plus de 179 professionnels de la santé pour discuter des enjeux majeurs liés à la rupture prématurée des membranes (RPM) et aux infections néonatales. Les discussions ont couvert des sujets fondamentaux comme la gestion de la CPR (continuous positive airway pressure monitoring materno-fœtal), le deuil périnatal ainsi que l’allaitement des prématurés.

Salle de rassemblement
Ces thématiques ont suscité un grand intérêt parmi les participants, notamment lors des ateliers où 70 professionnels ont partagé leurs expériences et leurs savoirs. Selon le Pr Anne Esther Njom Nlend, présidente de la SCMP, “l’idée ici est de moderniser la SCMP”.
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Les infections telles que le VIH, la syphilis et l’hépatite B, qui sont des défis majeurs pour la réduction de la transmission mère-enfant, ont également été abordées. L’objectif est d’atteindre une prévalence de l’hépatite B de 0,1 % chez les enfants de moins de 5 ans d’ici 2030. Le Pr Kamgaing a souligné l’importance d’un diagnostic précoce du VIH chez les enfants exposés, en raison du nombre élevé de décès néonatals liés à cette infection. Le Pr Torimiro quant à lui recommande l’administration systématique du vaccin contre l’hépatite B aux nouveau-nés dans les 24 heures suivant la naissance pour éviter la transmission verticale.
Des discussions sur les infections rares
Lors de la deuxième table ronde animée par le Pr Valère Mve, l’accent a été mis sur l’impact des infections virales pendant la grossesse, telles que l’herpès et la varicelle, et sur l’importance des traitements comme le valaciclovir. Ces infections rares mais graves peuvent avoir des conséquences dramatiques pour la grossesse, d’où l’importance d’une prise en charge précoce et efficace. Selon les professionnels de la santé, les infections néonatales, qu’elles soient précoces ou tardives, constituent un danger pour le nouveau-né. Un focus particulier a été mis sur la classification, le diagnostic clinique et microbiologique des infections, ainsi que leur prise en charge.
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Un autre moment a été la nécessité de privilégier la bi-antibiothérapie plutôt que la tri-antibiothérapie dans le traitement des infections néonatales. En effet, la bi-antibiothérapie permet de cibler plus précisément les pathogènes responsables tout en évitant le développement de résistances. « Nous sommes prêts à écrire des articles, à continuer nos recherches et à intégrer les idées issues de ces journées pour améliorer la prise en charge des femmes et des nouveau-nés », a confié le Dr Véronique Mboua Batoum, gynécologue-obstétricienne.
Un nouveau bureau élu pour la SCMP
Cette rencontre a également été l’occasion pour la SCMP d’élire son nouveau bureau, avec la reconduction unanime du bureau sortant. Le Pr Anne Esther Njom Nlend reste à la tête de la société. Elle a exprimé son intention d’intensifier la sensibilisation à la médecine péridurale à travers des initiatives comme les hashtags #OnePerinatalHealth et #ZeroToleranceAvoidableMaternalNeonatalDeaths, afin de toucher un large public. « Nous voulons écrire l’histoire de la pédiatrie néonatale non seulement au Cameroun, mais aussi en Afrique », a-t-elle déclaré. « Alors, que nous refermons ce chapitre, gardons en tête que l’objectif de vie natale est un combat de tous les jours ; les défis restent nombreux, mais l’enthousiasme et la passion que nous avons vus ici nous rappellent que nous sommes sur la bonne voie », conclut le Dr Véronique Mboua Batoum.
Les prochaines journées scientifiques de la SCMP sont déjà planifiées pour février 2027. Le thème central abordé lors de cet événement sera celui des malformations congénitales, un sujet qui promet de nourrir des débats passionnants sur l’avenir de la médecine périnatale, non seulement au Cameroun, mais aussi en Afrique.
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