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“Quand les racines chantent”: la note de lecture de Gaëlle Moudio Ndedi

La journaliste a lu le dernier roman de Danielle Eyango et évoque un voyage incroyable. 
Par Gaelle Moudio Ndedi
” Quand j’ai reçu cet exemplaire de la dernière parution de Danielle Eyango, je n’imaginais pas le voyage qu’elle me proposait. Quand j’ai lu la dédicace formulée en Duala, espérant me voir touchée dans mon âme, j’étais intriguée. Et quand je me suis prise en photo toute de rouge vêtue, je n’ai même pas fait le lien avec le rouge de la 1ere de couverture.

Gaelle Moudio Ndedi

Mais une fois entrée dans l’univers de “Quand les racines chantent”, j’ai compris. Prise aux tripes d’entrée. Jasmine la jeune femme du livre m’a happé direct. Frappée par le récit perlé de Duala, des chants du folklore, des proverbes, des bouts de conversations…
Jasmine je la reconnais tout de suite: elle ressemble à Danielle. Elle est belle, elle est jeune, elle travaille dans une grande boîte de la ville de Douala, elle a ses habitudes à la Cathédrale de Bonadibong, elle a une relation particulière avec La Vierge Marie et elle a des relations familiales compliquées…

(c) Gaelle Moudio Ndedi

L’histoire de Jasmine prise entre une malédiction ancestrale et sa foi chrétienne est l’histoire de bien d’entre nous. L’histoire de cette jeune femme qui de façon inexpliquée ne parvient pas à enfanter et qui doit trouver une solution dans un monde qu’elle ne connaît pas, un monde qu’on ne lui a pas enseigné, qu’on lui a même au contraire appris à haïr est notre histoire à tous d’africains déracinés. Mais certaines communautés sont réputées pour avoir conservé leurs savoirs ancestraux. Ce n’est pas le cas des Sawa. Avec une assurance incroyable et une précision déconcertante, Danielle Eyango montre dans ce roman de 297 pages, que les rites et cultes sawa existent toujours pour régler toutes sortes de maladies et de problèmes sociaux. Que la solution traditionnelle existe. Elle fait retomber amoureux du mboa. Et le Duala écrit perfectible n’entame en rien le travail accompli et les sentiments d’apprentissage et de fierté que suscite cette audace de l’auteure.
Un récit très rythmé, punchy, réaliste, truculent, qui vous entraîne et ne vous relâche même pas à la fin de la 297e pages. Et pour cause, la lecture vient achoper brutalement sur l’inscription Tome I. (Moi cela m’a pris 10 jours pour revenir de l’univers de Jasmine).
A la fin de ce premier tome de ce qui semble parti pour être une trilogie, on en est à un tiers du voyage initiatique et curatif de Jasmine qui poursuit zn fait une neuvaine bien étrange. Un voyage dur, effrayant. Inattendu. On dirait de la science-fiction façon manga. Alors comment être surpris que cette œuvre si ancrée, si originale, si pédagogique paraisse chez Afric Avenir, en présence du Patriarche érudit en personne, le fondateur de cette maison le Prince Professeur Kum’a Ndumbe III à Hickory Town Bonaberi??! Une présentation de haut vol avec du beau monde et une projection inédite d’une des scène scénarisée du roman.

Danielle Eyango, l’auteure de “Quand les racines chantent” lors de la dédicace à Douala. (c) Gaelle Moudio Ndedi

La jeune femme Jasmine Yondo va-t-elle arriver au bout de son défi qui doit réhabiliter toutes les femmes de sa famille? parviendra-t-elle à récupérer sa capacité à enfanter??! En tout cas je ne souhaite pas qu’elle retourne avec son vilain fiancé richissime qui l’a abandonné une fois qu’il a su contre quoi elle se battait. Disparu en laissant pour toute explication cette phrase lapidaire: “je ne veux pas me marier avec un homme déguisé en femme”…
Je souhaite à la jeune femme magnifique et pleine d’énergie, élue de Dieu et des Batete d’arriver au bout de cette saga et de nous en révéler la fin. Je salué en ce mois de la femme une littéraire dans l’âme, une femme accomplie, un modèle d’africains intégrée au monde. Vous vous y perdez vous aussi n’est ce pas??! Je parle Ici de Danielle, l’auteure de tout ce mouvement d’émotions…
Miango ma Jasmine mi tapi mba o mudi n’a mbale a Dany.
Nyambe a bate namse wa na ebol’ango!!!
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